Le Patient Partenaire

Ce concept puise ses origines dans un environnement en pleine mutation, le patient partenaire ayant un rôle important à jouer, et faisant progressivement l’objet d’une reconnaissance institutionnelle grâce aux actions normatives de formation.
Si la prise en charge de sa pathologie chronique est fondamentale, elle ne préjuge pas de l’évolution et de la volonté du patient de s’investir dans une formation qui peut être longue et du désir de partager et d’aider les autres patients et le corps médical.
Il ne faut pas confondre le rôle du Représentant des Usagers (RU) au sein des Commissions Des Usagers (CDU) et le Patient Partenaire (PP) dont le statut n’existe pas qui se définit comme un patient atteint d’une pathologie chronique, qui a eu la volonté de suivre une formation ayant comme objectif de lui permettre de participer activement à son parcours de soin, mais aussi de s’impliquer dans le parcours de santé des autres patients en créant un lien avec les soignants, d’autant plus constructif qu’il a été formé en ce sens.
Mais il importe de clarifier les différentes typologies de patients correspondant à leur rôle au sein du système de santé et à des niveaux définis :

  • Patient partenaire, intervenant ETP (pour les autres patients),
  • Patient partenaire, ressource et/ou formateur ( pour les structures publiques (CH, Université) associatives (malades, aidante),
  • Patient partenaire (professionnel) dans le système de santé.

Cette notion de patient partenaire doit être préférée à celle de patient expert, pour plusieurs raisons : le vécu de la maladie ne peut être une expertise, elle est par contre un savoir complémentaire aux savoirs théoriques des soignants et à leur égard qui ne se voient reconnaitre cette qualité qu’après de longues années d’études, il peut être choquant que ce titre soit attribué à des patients après une formation de 42H. Il est dommageable dans une approche de partenariat de heurter frontalement les partenaires avec lesquels nous souhaitons faire évoluer notre système de santé.

Aujourd’hui, l’émergence du patient partenaire permet de faire naître une nouvelle relation de confiance entre le malade et le médecin et il ne pourra jouer un rôle important dans les établissements de santé à condition que sa place soit bien définie et reconnue.
Parce qu’il participe à la consécration des droits des patients, le patient partenaire, loin d’être instrumentalisé, peut aider au changement de comportements qui suppose une compliance également du côté des professionnels.
Ces derniers ne sont plus en effet les seuls détenteurs du savoir et de la décision et doivent intégrer cette évolution.

L’obstacle culturel mériterait donc d’être levé pour que les droits des patients ne soient pas vus comme une dépossession, mais comme la condition de meilleurs soins…